Les outils de la langue · Fiche de grammaire

Le verbe et la concordance des temps

Identifier une forme verbale et comprendre les relations de temps et de mode entre les propositions.

Repère 1

Nommer la forme avant sa valeur

Distingue le mode, le temps et la personne. Dans « nous avions lu », le verbe est à l’indicatif plus-que-parfait, première personne du pluriel. Dans « qu’il lise », il est au subjonctif présent, troisième personne du singulier.

Une forme composée associe un auxiliaire conjugué à un participe passé : elle ne crée pas deux propositions. Le nom du temps ne suffit pas à expliquer son emploi : le présent peut exprimer une actualité, une habitude, une vérité générale ou mettre en scène un récit.

Repère 2

Observer le temps et l’aspect

Le temps situe le procès ; l’aspect concerne la manière dont il est envisagé, par exemple en cours ou accompli. Dans un récit au passé, l’imparfait peut présenter un arrière-plan ou une habitude ; le passé simple présente souvent un événement délimité.

« Elle lisait quand il entra » oppose ainsi une activité en cours à un événement qui survient. Ce sont des effets liés au contexte, pas des étiquettes à attribuer automatiquement à chaque occurrence.

Repère 3

Comprendre la concordance

Dans « Il disait qu’elle lisait », l’imparfait de la subordonnée situe la lecture simultanément à la parole passée. « Il disait qu’elle avait lu » marque l’antériorité ; « Il disait qu’elle lirait » marque la postériorité, avec un conditionnel à valeur de futur dans le passé.

La concordance ne se réduit pas à remplacer chaque temps mécaniquement : une vérité toujours valable peut rester au présent. Les repères comme demain ou ici dépendent aussi de la situation de parole.

Repère 4

Relier le mode à la construction

« Je souhaite qu’elle vienne » et « Bien qu’elle soit présente… » emploient le subjonctif. Le mode est lié à une construction et à la façon de présenter le fait ; il ne signifie pas systématiquement que le fait est irréel.

Pour la question de grammaire de l’oral, l’étude des valeurs verbales se rattache à la subordination : par exemple justifier un subjonctif ou une concordance dans la phrase donnée. Une analyse générale des effets narratifs relève d’un autre travail.

Observer et distinguer

Les exemples en un regard

« Il dit qu’elle viendra. »

Futur par rapport à une parole située au présent.

« Il disait qu’elle viendrait. »

Conditionnel : futur dans le passé.

« Il regrette qu’elle soit partie. »

Subjonctif passé ; le départ peut être un fait réel.

De la fiche à la parole

Répondre à l’oral

Identifie la forme, puis justifie son emploi par le verbe ou le connecteur introducteur et par la relation entre les propositions.

  1. Je repèreJe cite et délimite l’élément demandé.
  2. Je nommeJ’identifie la construction précisément.
  3. Je justifieJ’explique les liens ou la transformation.

À toi de jouer

Entraîne-toi, puis vérifie

Formule ta réponse à voix haute avant d’ouvrir le corrigé. Les phrases de ces fiches sont des exemples pédagogiques, sans attribution à une œuvre.

Exercice 1

Transpose « Il annonce : “Je viendrai demain.” » après « Il annonça… », dans un récit au passé.

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« Il annonça qu’il viendrait le lendemain. » Le discours devient indirect : je devient il, le futur devient un conditionnel à valeur de futur dans le passé, et demain devient le lendemain.

Exercice 2

Dans « Elle voulait que nous lisions », identifie « lisions ».

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« Lisions » est ici au subjonctif présent, première personne du pluriel, après l’expression d’une volonté. La forme est identique à celle de l’imparfait de l’indicatif ; la construction permet de la distinguer.